Pisistrate prend la parole enfin.
Il résume les festivités qui se sont déroulés. Pendant 10 jours, les Athéniens ont pu honorer les dieux et soutenir l'opération de l'archonte Alcyonée à Halimous. Il remercie tous les acteurs des festivités, souligne le calme dans lequel ça s'est déroulé, encense le civisme des Athéniens.
L'ecclesia applaudit mécaniquement à chaque moment clef pour relancer le discours.
Pisistrate dit que désormais l'opération d'Halimous semble sur la fin, qu'elle est un succès, mais un succès mitigé : des blessés athéniens, des émeutes faibles mais existantes, une détérioration des relations avec les étrangers. Marathon serait furieuse, Mégare prête à riposter.
Athènes ne fait que commencer une crise affirme-t-il à l'ecclesia.
Mais il parle à des convertis. Tous en sont déjà convaincus.
Alors il lève son bras et prononce ces mots :
- Les Dieux ont fait qu'ils ont guidé l'archonte Alcyonée à me nommer régent. Les Dieux ont fait que le co-régent Lycurgue soit abandonné des Dieux qui l'ont frappé d'une grave maladie tout comme l'archonte polémarque Dimitryon. Il est temps qu'Athènes soit dirigée par des citoyens de valeur et non plus par des arrivistes. Megacles le cupide, Lycurgue l'ambitieux, Alcyonée l'incapable ...
Il n'y a plus qu'un seul homme pour se dresser contre tout ça et rétablir la situation.
Un messager amène un papyrus ...
Pisistrate le lit, au fur et à mesure qu'il le parcourt des yeux, il semble saisi de gravité.
Pisistrate reprend ...Citoyens, j'ai dans les mains le terme des négociations avec Marathon. Le roi Tsartias 1er est furieux. Il dit qu'il trouve indigne la façon dont l'archonte Alcyonée et son équipe ont géré le problème d'Halimous, considérant les métèques comme des ennemis, et Halimous comme une cité étrangère. Il lève, en ce moment même, une armée pour obtenir réparation.
L'ecclesia est prise de stupeur.Mais il souligne ma clairvoyance et mon esprit d'ouverture et nous laisse une occasion de ne pas connaître la guerre contre le seconde puissance militaire d'Attique : négocier directement avec moi, Pisistrate, le seul à bénéficier désormais de sa confiance.
Quant à Mégare, il semblerait que les mouvements de troupes détectés il y a quelques semaines s'intensifient. Nous courrons à notre perte, Athéniens, à cause d'une gestion catastrophique de la crise. L'archonte Alcyonée s'est pris pour un demi dieu grec. Le pouvoir lui est monté à la tête. Il a levé une armée pour saisir quelques malheureuses terres détenues par des paysans et métèques sans défense. C'est indigne de nos valeurs !
C'est pourquoi, ecclesia d'Athènes, je ne demande de me confier ici même et maintenant les pleins pouvoirs pour rétablir une situation grave.
Vous le savez je suis un homme d'honneur. Si je fais cela, ça n'est pas par ambitiion comme l'aurait fait Lycurgue, mais par devoir. Je me dois de rétablir l'ordre moral dans cette cité.
Alors je vous le demande, citoyens ! Suis-je digne d'être votre chef ?!!
Les hommes de Pisistrate postés à des endroits clefs réveillent l'ecclesia en criant et applaudissant les premiers. Les autres suivent. Certains y ont été forcés, d'autres ont probablement été payés, et d'autres enfin sont des ralliés de la dernière heure.Anchise se lève :
- Le vote se fera à main levée. Levez la main si vous souhaitez que Pisistrate soit notre nouveau chef afin qu'il rétablisse l'ordre à Athènes. Ensuite, il rendra le pouvoir à la démocratie à la suite de nouvelles élections. Mais Athènes a besoin d'un homme fort pour gouverner.
L'ecclesia s'observe elle-même. Les fervents partisans ont déjà la main levée. Ils sont 500 environ. Puis vient le tour des forcés, des payés et des ralliés de la dernière heure. Au final, ce sont 2000 citoyens, rejoints un peu avant le début de la séance par 1500 autres qui donnent à Pisistrate les pleins pouvoirs.
Anchise :- 3500 mains levées ... Pisistrate est notre nouveau chef !
L'ecclesia exulte !